Représentants du personnel et syndicats : une image en amélioration auprès des salariés
Comment les salariés perçoivent-ils les représentants du personnel et les syndicats ? C’est ce qu’a cherché à comprendre la Dares dans sa dernière enquête publiée le 6 janvier 2025. Six ans après la précédente édition, les résultats montrent une évolution globalement positive, tout en soulignant des écarts importants selon la présence d’IRP, la taille de l’entreprise et le profil des salariés.
Une amélioration globale de la perception des représentants du personnel et syndicats par les salariés
L’enquête, qui porte sur les entreprises de plus de 10 salariés du secteur privé non agricole, met en évidence une progression de l’opinion des salariés à l’égard de leurs représentants du personnel.
Ainsi, un peu plus d’un salarié sur deux (51 %) estime aujourd’hui que les représentants du personnel traduisent bien leurs aspirations, soit 5 points de plus qu’en 2017. Cette évolution positive concerne également les syndicats : 41 % des salariés considèrent désormais qu’ils jouent un rôle irremplaçable dans leur représentation, contre 37 % six ans plus tôt.
Les avis les plus critiques diminuent également. Ainsi, moins de salariés estiment que les syndicats font passer leurs propres intérêts avant ceux des salariés ou qu’ils entravent le déroulement des activités de l’entreprise.
Notez-le : une part importante des salariés reste toutefois sans opinion sur ces questions. Cette absence d’avis concerne particulièrement les salariés qui travaillent dans des établissements où il n’existe pas de représentants du personnel.
Une perception liée à la présence d’IRP, à la taille de l’entreprise et au profil des salariés
L’enquête montre clairement que la perception des représentants du personnel n’est pas la même partout.
La présence d’instances représentatives du personnel (IRP) au sein de l’entreprise joue notamment un rôle déterminant. Lorsque des délégués syndicaux sont présents, 59 % des salariés estiment que les représentants du personnel retranscrivent correctement leurs attentes. Ce taux reste élevé (56 %) dans les établissements disposant d’IRP élues, même sans délégué syndical. En revanche, dans les entreprises sans aucune instance représentative, seuls 23 % des salariés partagent cette opinion.
La taille de l’établissement influence également la perception par les salariés des représentants du personnel et des syndicats. Plus l’entreprise est grande, plus les syndicats sont jugés indispensables. Dans les entreprises de 500 salariés ou plus, la part des salariés considérant les syndicats comme « irremplaçables » est près de deux fois plus élevée (1,9 %) que dans les entreprises comptant entre 50 et 199 salariés.
Notez-le : plus l’entreprise est grande, moins les salariés déclarent être en capacité de défendre directement leurs intérêts : la légitimité des représentants du personnel y est donc d’autant plus établie.
Enfin, l’image des élus du personnel et des syndicats varie, bien que plus faiblement, selon le profil socio-démographique des salariés. Ainsi :
- les salariés les plus jeunes (30 ans ou moins) se montrent plus réservés que la moyenne sur le « rôle irremplaçable » des syndicats et plus confiants dans leur capacité à se défendre par eux-mêmes ;
- les cadres portent globalement un regard un peu plus positif que la moyenne sur les représentants du personnel, bien qu’ils estiment davantage être en mesure de se défendre seuls et qu’ils soient un peu plus critiques vis-à-vis du comportement des syndicats.
DARES Focus n° 1, 6 janvier 2026 : Comment sont perçus les représentants du personnel et les syndicats dans le secteur privé ?