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Publiée en avril 2026, la dernière étude de la Dares sur la négociation collective d’entreprise en 2024 dresse un constat : les négociations sont plus nombreuses, mais elles aboutissent moins souvent à la signature d’un accord. Salaires, épargne salariale, rôle des représentants du personnel ou encore articulation entre dialogue social et conflictualité : quels enseignements retenir ?

Un retour à la hausse de la négociation collective

Après deux années consécutives de recul, la négociation collective repart à la hausse en 2024.

Ainsi, 17,2 % des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole ont engagé au moins une négociation collective, soit une augmentation d’un point par rapport à 2023, marquant la première progression observée depuis 3 ans.

Les entreprises disposant d’une couverture syndicale négocient beaucoup plus fréquemment que celles qui en sont dépourvues, avec un taux de 81,3 % .

S’agissant des entreprises qui ne disposent que d’élus, cette propension est nettement plus réduite mais progresse de 2,9 points pour atteindre 26,6 %. A l’inverse, seules 1,8 % des entreprises sans représentants du personnel ouvrent une négociation collective.

Selon la Dares, la présence de représentants du personnel demeure ainsi un facteur essentiel au développement du dialogue social.

Des négociations plus nombreuses mais moins souvent abouties

Si les négociations sont plus fréquentes, elles débouchent moins souvent sur un accord. Sur les trois dernières années, « le taux d’aboutissement des négociations évolue donc de façon opposée à la propension à négocier » indique la Dares.

En 2024, 83,7 % des entreprises ayant négocié concluent au moins un accord ou un avenant, soit une baisse de 3,2 points par rapport à l’année précédente.

L’étude met également en évidence l’influence de la taille de l’entreprise et de la présence de représentants du personnel sur l’issue des négociations. Le taux d’aboutissement des accords reste particulièrement élevé dans les grandes entreprises, atteignant 93 % dans les structures de 500 salariés ou plus. Les entreprises bénéficiant d’une couverture syndicale affichent également un taux de signature supérieur à la moyenne.

Les salaires au coeur de la négociation

Comme les années précédentes, les salaires et les primes constituent le thème le plus fréquemment négocié.

Ce thème est abordé par 10,3 % des entreprises en 2024, devant l’épargne salariale (6,8 %), le temps de travail (5,4 %) et les conditions de travail (4,2 %).

Si le thème le plus négocié reste les salaires et les primes, celui de l’épargne salariale (intéressement, participation etc.) est celui aboutissant le plus souvent à la signature d’un accord (dans 86,3 % des cas).

Les accords de groupes évoluent dans leur priorités

Dans les entreprises appartenant à un groupe, les négociations conduites à ce niveau restent importantes. Les salaires demeurent le thème le plus abordé dans les accords de groupes (29,4 %), mais cette proportion diminue cependant de 5,9 points par rapport à 2023. A l’inverse, l’épargne salariale progresse et atteint un niveau comparable à celui des négociations salariales.

Cette évolution témoigne d’un intérêt croissant pour les dispositifs d’intéressement, de participation et d’épargne salariale au sein des groupes.

Une articulation étroite entre négociation et existence de conflits

L’étude met également en évidence un lien entre conflictualité et négociation collective.

En 2024, 2,1 % des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole ont connu au moins un conflit du travail, qu’il s’agisse d’une grève ou d’une autre forme de mobilisation.

Parmi ces entreprises, près des trois quarts (72,8 %) ont également engagé des négociations collectives au cours de l’année. Cette proportion atteint 75,2 % dans les entreprises ayant connu une grève, contre seulement 16 % dans celles n’ayant déclaré aucun conflit.

Pour la Dares, la coexistence fréquente des conflits du travail et des négociations ne suffit pas à établir un lien strict de cause à effet. Elle souligne néanmoins l’importance des organisations syndicales et des représentants du personnel dans la dynamique du dialogue social au sein des entreprises.

En conclusion : quels enseignements pour le dialogue social ?

L’année 2024 marque un regain de la négociation collective après deux années de recul. Malgré une légère baisse du taux de signature des accords, le dialogue social demeure dynamique dans les entreprises où les représentants du personnel sont présents.

Vous pouvez ainsi retenir que l’année 2024 met en évidence :

  • une reprise de la négociation collective dans les entreprises de plus de 10 salariés ;
  • le maintien d’un niveau élevé de conclusion des accords malgré un léger recul ;
  • la place centrale des questions salariales dans le dialogue social ;
  • la progression des négociations relatives à l’épargne salariale ;
  • le lien étroit entre dialogue social et gestion des conflits collectifs ;
  • l’importance déterminante de la présence syndicale et des représentants du personnel dans la négociation.

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La négociation collective d’entreprise en 2024 : Un taux de négociation en hausse après deux années consécutives de baisse, DARES Résultats n° 17, 23 avril 2026

Julie Jeltsch

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