IA en entreprise : le dialogue social au coeur du plan présenté par le ministère du Travail
Le ministère du Travail a présenté, mardi 22 septembre 2026, un plan de 12 mesures concrètes pour accélérer l’adoption de l’IA en entreprise, sensibiliser et former les salariés, et anticiper les effets de l’IA sur le monde du travail. Trois d’entre elles concernent le dialogue social.
IA au travail : un plan en 12 mesures pour anticiper les transformations
Selon l’Insee, le taux d’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans les entreprises françaises a été multiplié par trois entre 2023 et 2025. Ce déploiement de l’IA, qui reste hétérogène selon la taille de l’entreprise et son secteur d’activité, reste toutefois en dessous de la moyenne européenne.
C’est dans ce contexte que le ministère du Travail a annoncé, le 22 septembre 2026, la création de son plan « Impulsion IA 2027 ».
Pensé pour anticiper les effets de l’IA sur le monde du travail et accompagner les salariés et les entreprises dans son déploiement, ce plan s’articule autour de 12 mesures.
Il repose sur 3 leviers :
- l’acculturation à l’IA : l’objectif est de former 15 millions de professionnels d’ici 2030, afin de leur permettre de mieux appréhender les transformations en cours et de prévenir les risques d’exclusion ou de décrochage ;
- la sensibilisation et l’accompagnement des entreprises, afin de préserver leur compétitivité et d’améliorer leur performance, tout en favorisant une meilleure prise en compte des effets de l’IA sur le travail et les conditions de travail ;
- le soutien au dialogue social : selon le ministère du travail, ce troisième pilier est la condition incontournable à la réussite du déploiement de l’IA en entreprise et à son appropriation par les travailleurs.
IA au travail : les mesures de soutien au dialogue social
Accompagner l’appropriation de l’IA au niveau des branches
Le Gouvernement souhaite accompagner les branches professionnelles afin qu’elles disposent des outils nécessaires pour anticiper les effets de l’IA sur l’emploi, les compétences, l’organisation et les conditions de travail.
Des engagements de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) consacrés à l’IA seront ainsi déployés. Il s’agit d’accords annuels ou pluriannuels conclus entre l’État et une ou plusieurs branches professionnelles, qui apportent une aide technique et financière dans le but :
- d’identifier et d’analyser les impacts de l’IA sur les métiers et les compétences, par secteur d’activité et taille d’entreprise ;
- d’accompagner les branches dans la construction de réponses adaptées, en privilégiant une approche par métiers ;
- de diffuser des bonnes pratiques et des outils transférables pour favoriser une appropriation large et responsable de l’IA.
Les branches pourront ainsi s’appuyer sur des outils mutualisés tels que des cartographies des métiers, des scénarios d’évolution des emplois et des compétences par métier, des parcours de formation et de mobilité ou encore des outils d’accompagnement des entreprises (charte d’utilisation responsable de l’IA, autodiagnostic de maturité IA, cartographie des SIA mobilisables par métier, outil de recrutement assisté par l’IA, etc.).
Accompagner les entreprises dans l’intégration de l’IA au travail
Au-delà du déploiement technologique, l’introduction de l’IA en entreprise modifie les pratiques professionnelles, l’organisation du travail et les conditions de travail des salariés. Elle soulève également des questions relatives à la protection des données personnelles, au respect de la vie privée et à l’information des salariés et des représentants du personnel.
Afin d‘accompagner les entreprises dans la prise en compte des effets de l’IA sur le travail et les conditions de travail, le Gouvernement envisage trois leviers d’action.
Le premier consiste à lancer, en 2027 et 2028, 2 appels à projet nationaux du Fonds pour l’amélioration des conditions de travail (FACT). L’objectif est de soutenir les TPE-PME dans des projets visant à :
- améliorer la qualité de vie et les conditions de travail grâce à l’IA ;
- prévenir les risques professionnels et améliorer la prise en compte des enjeux de santé au travail liés à l’intégration de l’IA dans les entreprises
Le second levier consiste à lancer la deuxième phase du projet DIAL-IA, piloté par l’IRES et l’Anact, pour expérimenter des méthodes de dialogue social technologique dans une vingtaine d’entreprises et de branches professionnelles. Le projet combinera formation, accompagnement des projets d’IA et partage des retours d’expérience.
Enfin, le ministère du Travail élaborera avec la CNIL un guide présentant les principales règles applicables lors de l’introduction de systèmes d’IA dans les organisations de travail, notamment lorsqu’ils impliquent la collecte, le traitement ou l’utilisation de données personnelles.
Impulsion IA : 12 mesures pour impulser, anticiper et dialoguer face à la transformation du monde du travail par l’intelligence artificielle, Ministère du travail et des solidarités, communiqué de presse du 22 septembre 2026