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Les résultats de la cinquième édition du baromètre « Jeunes et dialogue social », mené auprès des 18-35 ans afin de comprendre et d’analyser leur perception du dialogue social et leur rapport au syndicalisme et à l’engagement, ont été publiés. Ils révèlent trois enseignements clés.

Des débuts professionnels globalement positifs, malgré des inquiétudes

Les résultats de l’enquête font ressortir que 71 % des jeunes actifs sont satisfaits ou très satisfaits de leurs débuts dans le monde professionnel. Pourtant, 67 % de ceux qui s’apprêtent à entrer sur le marché du travail ressentent de l’anxiété à ce sujet.

S’il apparaît que les relations entre employeurs et salariés s’améliorent très nettement par rapport à 2023 (+ 9 points), elles restent souvent perçues comme « compliquées » (37 % des cas), « distantes » (30 %) ou « conflictuelles » (25 %).

Concernant le dialogue social, 73 % des jeunes estiment que celui-ci fonctionne bien dans leur entreprise ou leur administration (+ 6 points par rapport à 2023). Cette perception est toutefois plus nuancée dans les grands groupes (53 %) et pour les salariés des catégories socioprofessionnelles populaires (67 %).

Notez-le : à l’échelle nationale, les avis sont beaucoup plus partagés : 50 % des jeunes ont une opinion positive de l’état du dialogue social en France, tandis que 49 % jugent qu’il fonctionne mal.

Des syndicats jugés nécessaires, mais pas centraux dans la gestion des relations sociales

Les syndicats sont toujours considérés comme indispensables : 76 % des jeunes (+ 4 points par rapport à 2023) estiment qu’ils sont nécessaires dans toutes les entreprises.

Le rôle des syndicats dans la défense des droits des salariés est également davantage reconnu par les jeunes.

Illustration
À la question « Quel est le premier mot qui vous vient spontanément à l’esprit lorsqu’on vous parle des syndicats ? », la défense des droits des salariés arrive en tête (17 %, + 8 points par rapport à 2023). 9 % des jeunes émettent spontanément un avis négatif ou critique sur le syndicalisme (- 1 point) tandis que 7 % d’entre eux en donnent un avis positif (+ 5 points). Les termes « solidarité », « aide », « protection » et « grèves/manifestations » arrivent également en tête.

Mais cette reconnaissance du rôle des organisations syndicales est fragilisée par deux constats :

  • 64 % des jeunes interrogés pensent que les mouvements citoyens sont plus efficaces pour obtenir de nouveaux droits (+ 4 points par rapport à 2023) ;
  • 61 % jugent que les syndicats ne sont pas nécessaires si les salariés peuvent régler directement leurs problèmes professionnels avec leur manager ou leur employeur (+ 7 points).

Concernant la gestion des relations sociales, les jeunes considèrent qu’elle relève avant tout de la responsabilité de la direction (pour 29 % d’entre eux), puis des managers (23 %), des salariés (21 %) et du DRH (17 %). Les syndicats n’arrivent qu’en dernière position (9 %).

Bon à savoir : parmi les principaux sujets à prendre en compte dans les relations sociales en entreprise, les jeunes jugent prioritaires :

  • la quête de sens chez les salariés ;
  • le développement du télétravail ;
  • le renforcement des inégalités ;
  • l’enchaînement des crises (sanitaire, économique, environnementale, géopolitique…) ;
  • les formes de travail alternatives au salariat ;
  • la surinformation et l’instantanéité de l’accès à l’information ;
  • le développement de l’intelligence artificielle.

Une envie d’engagement plus affirmée

73 % des jeunes interrogés affirment se sentir prêts à s’engager pour une cause (+ 3 points par rapport à 2023). Le secteur associatif reste le premier choix pour 35 % d’entre eux. Les organisations syndicales de salariés progressent de 6 points et arrivent en deuxième position (22 % des intentions d’engagement), suivies de près par les mouvements collectifs (21 %).

Les jeunes croient davantage en l’efficacité de l’action collective et pensent pouvoir faire bouger les choses :

  • en participant à un mouvement collectif, pour 82 % d’entre eux (+ 10 points) ;
  • en représentant les salariés au sein d’une organisation syndicale, pour 80 % des répondants (+ 5 points).

Notez-le : l’enquête fait ressortir que 78 % des jeunes estiment que les différentes générations ne sont pas assez représentées au sein des organisations syndicales de salariés et d’employeurs (85 % des 25-29 ans). En parallèle, 62 % d’entre eux estiment qu’il faut avoir plusieurs années d’expérience pour rejoindre une organisation syndicale.

Il existe toutefois différents freins à l’adhésion syndicale des jeunes. Arrivent en tête :

  • le manque de connaissances sur les droits des salariés (pour 34 % des jeunes) ;
  • la crainte des conséquences négatives sur leur carrière professionnelle (27 %) ;
  • le manque de temps (27 %).

Malgré cela, l’envie de s’impliquer dans l’entreprise reste forte chez les jeunes actifs puisque 77 % d’entre eux indiquent qu’ils voteraient lors des élections professionnelles. Plus d’un jeune actif sur deux (56 %) se déclare prêt à se présenter aux élections professionnelles dans son entreprise ou future entreprise pour exercer un mandat de représentant du personnel.

La cinquième édition du baromètre « Jeunes et dialogue social » a été réalisée par l’association Réalités du dialogue social via Opinion Way, en partenariat avec plusieurs organisations syndicales d’employeurs et de salariés.

Baromètre Réalités du dialogue social « Jeunes & dialogue social » par OpinionWay, 5e édition, 6 février 2026

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