Baromètre RH 2026 : entre pression réglementaire et transformation digitale
Pression réglementaire, charge administrative, usages de l’IA, transparence salariale… Les résultats du Baromètre RH 2026, réalisé par les Editions Tissot et Payfit auprès de 628 professionnels RH, ont été dévoilés. La sécurisation juridique, la digitalisation, la QVCT et l’usage de l’IA s’imposent comme des enjeux clés pour 2026.
Des professionnels RH très sollicités
L’édition 2026 du Baromètre RH fait ressortir que les professionnels des ressources humaines sont fortement mobilisés, de par leur rôle central au sein de l’entreprise. Ainsi, en 2025, ils ont le sentiment d’avoir été davantage sollicités :
- par les salariés, pour 78 % d’entre eux (augmentation des demandes individuelles) ;
- par les managers, pour 74 % d’entre eux ;
- par la direction, pour 67 % d’entre eux.
Dans le même temps, la charge administrative reste très importante : 60 % des professionnels RH indiquent consacrer au moins la moitié de leur temps de travail à des tâches administratives.
Malgré cette forte mobilisation, plus de la moitié des professionnels RH déplore un manque de temps et de ressources internes dans le service RH (54 %). Parmi les autres difficultés rencontrées au quotidien, sont évoqués :
- le manque de budget, pour 40 % des répondants ;
- le manque de reconnaissance et de soutien de la direction (28 %) ;
- la difficulté à suivre les évolutions réglementaires (22 %, en hausse par rapport à 2025).
Une priorité donnée à la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT)
Parmi les sujets qui ont le plus mobilisé les professionnels RH en 2025, la qualité de vie au travail passe pour la première fois en tête : 57 % des répondants se sont investis sur les enjeux de santé mentale, les risques psychosociaux et l’environnement de travail. Et 60 % anticipent que ce sera de nouveau le cas en 2026.
Arrivent ensuite :
- le recrutement de nouveaux talents (54 % des répondants, en baisse depuis 3 ans) ;
- le sujet de la rémunération et des revalorisations salariales (45 %) ;
- la formation et la gestion des carrières et des compétences (44 %).
Favoriser la QVCT apparaît d’ailleurs comme l’une des principales sources de satisfaction des RH (35 % des répondants, en hausse de 6 points), au même niveau que l’accompagnement de l’évolution des salariés (recrutement, formation, etc.). La principale source de satisfaction reste la conciliation des attentes des salariés avec celles de la direction (44 % des répondants).
Pourtant, il ressort de l’édition 2026 du Baromètre RH que le temps réellement consacré à la question de la QVCT est bien en deçà des attentes des RH : il se maintient en 7e position, alors qu’ils souhaiteraient y consacrer la plus grande partie de leur temps. En cause notamment, la gestion administrative du personnel, qui apparaît comme extrêmement chronophage et demeure la mission à laquelle les professionnels RH consacrent le plus de temps.
Télétravail : où en est-on ?
Deux tiers des professionnels RH ayant répondu à l’enquête affirment que leur entreprise propose du télétravail partiel pour les emplois télétravaillables. Seules 4 % des entreprises interrogées proposent la possibilité de télétravailler à 100 % (full remote).
Si une flexibilité sur les horaires de travail est proposée dans près d’un quart des entreprises, 27 % des RH affirment que leur entreprise ne propose aucune mesure de télétravail ni de flexibilité horaire à leurs salariés. Ils sont, en outre, 4 % a avoir acté un arrêt complet du télétravail.
La semaine de 4 jours apparaît comme une tendance encore timide, concernant tout de même 5 % des répondants en 2026.
Transparence salariale : une préoccupation principalement relationnelle
Alors que le salaire reste le premier critère d’attractivité des candidats pour 65 % des professionnels RH, la question est d’actualité avec la transposition prochaine, en France, de la Directive européenne sur la transparence salariale.
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A ce titre, 56 % des RH interrogés ont identifié la transparence salariale et l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes comme l’un des sujets réglementaires qui les préoccupent le plus pour les 12 prochains mois.
Notez-le : 39 % des RH identifient la transparence salariale comme l’un des sujets qui les mobiliseront le plus en 2026, ce qui représenterait une hausse de 28 points par rapport à l’année 2025.
Toutefois, les inquiétudes semblent à l’heure actuelle davantage porter sur l’aspect relationnel que réglementaire. En effet, 38 % des professionnels RH interrogés craignent en premier lieu des réactions négatives et des tensions entre les salariés, liées à la mise en place de la nouvelle réglementation.
Les risques juridiques et les difficultés de mise en conformité apparaissent, pour l’heure, secondaires : seuls 10 % des répondants les citent respectivement comme principale crainte, après l’accroissement de la charge administrative (principale inquiétude pour 12 % des répondants).
Un quart des professionnels RH interrogés disent n’exprimer, au contraire, aucune crainte particulière concernant la mise en place prochaine de nouvelles obligations relatives à la transparence des rémunérations.
Une exigence accrue de sécurisation juridique
Le souhait prioritaire des professionnels RH demeure, depuis plusieurs années, de garantir la conformité juridique de leurs décisions et écrits. Cette exigence est d’ailleurs en forte progression avec 75 % des répondants en 2026, contre 70 % en 2025 et 54 % en 2024.
Cette exigence de sécurité juridique fait écho à la principale préoccupation réglementaire des RH pour les 12 prochains mois : l’évolution du droit du travail, mentionnée par 65 % de professionnels RH.
La sécurisation juridique constitue donc l’attente principale des professionnels interrogés, face à un droit du travail en perpétuelle évolution.
Digitalisation RH : l’IA accélère sa percée
Les outils digitaux sont désormais largement déployés au sein des services RH : 97 % des professionnels RH déclarent en utiliser.
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Il s’agit principalement d’outils permettant de gérer la paie, les absences et congés (67 % des répondants), ainsi que le temps de travail (51 %). 35 % des répondants déclarent posséder un SIRH complet, en hausse de 6 points par rapport à 2025.
A noter que seuls 17 % des professionnels RH interrogés ont déclaré utiliser un outil digital dédié pour mettre en place la BDESE dans leur entreprise.
L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) connaît quant à elle une évolution significative. 42 % des professionnels RH déclarent utiliser régulièrement des outils d’IA (contre 20 % en 2025).
10 % des professionnels RH n’utilisent en revanche pas l’IA et n’envisagent pas d’y recourir (en baisse de 7 points par rapport à 2025).
Parmi les professionnels RH ayant recours à l’IA, les usages s’orientent aujourd’hui principalement sur :
- la rédaction de documents RH (contrats, offres d’emploi…) pour 72 % des répondants ;
- la communication RH (65 %) ;
- la veille et le suivi des évolutions juridiques (40 %), ce qui apparaît cohérent avec le souhait de conformité juridique évoqué par trois quart des RH.
Il ressort de ces éléments que l’IA est aujourd’hui mobilisée davantage comme un outil d’assistance à la production de contenus et à la veille juridique, plutôt que comme un outil d’aide à la prise de décisions.
Pour découvrir l’ensemble des résultats du Baromtre RH 2026, nous vous invitons à télécharger :
Baromètre RH 2026 “Les RH au quotidien”, 9e édition, Editions Tissot et Payfit, avril 2026